Le Remède dans le Mal. Écriture et Salut chez Guibert

Le Mal Libasci

Hervé GUIBERT, Sienne, 1979, © Christine Guibert / Collection Maison Européenne de la Photographie, Paris 

 

[FR]

Lorsque Guibert écrit À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie en 1989 il sait que ce livre sera le grand succès ou l’irrémédiable faillite. Il a beaucoup écrit, il a trente-quatre ans et il se sait atteint du SIDA. Des mois difficiles l’attendent, une question le poursuit: combien de temps pour que le mal trace le mot fin? Au lieu d’attendre le jour où la mort viendra sonner le glas il pousse son écriture vers son limite: dire le mal. Une fois le temps compté, il sait quels sont les livres qu’il faut écrire, la vie qu’il vaut mieux vivre. Il lui vient alors à l’esprit que, peut-être, le remède est dans le mal et qu’il aura, voilà le paradoxe, la chance de se sauver grâce à la maladie; la chance de vivre enfin la vie dont il rêvât, d’être l’écrivain qu’il se savait. Il sera question de relire les pages plus importants de ce livre au sous-titre ambigu de «roman», d’en extraire la quête du salut et d’examiner la portée envahissante du mal chez l’écrivain à la fine du livre, lorsque la fin approche et le salut semble être garantit.

 

[ENG]

When Hervé Guibert started to write À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, he intimately knew that this book would have been his masterpiece, an incredible success or a failure without appeal. He has already written a lot of books, he is thirty-four years old and he is entered in AIDS time. A question pursues him: how much time before the end? Rather than wait the day of his death, watching his defeated body, Guibert pushed his writing towards its limits describing the end, the evil, the illness. But passing through them he found his deliverance. Actually, he can now die free from bad passions, false friends, insincere books. Paradoxically AIDS makes possible what a plenty life denied. In this paper I focus on some passages about his goodness research and this paradoxical liberation in relation with the last Foucault’s class at the Collège de France in 1982-1984.

 

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