L’Homme est-il Allemand? Trouble identitaire et mal humain chez Romain Gary

Le Mal Dainese

René MAGRITTE, Le Double secret, 1927, Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris, © Adagp, 2020 

 

[FR]

Alors que le mal n’hésite pas à se manifester en toute sa radicalité l’homme garyen ne parvient pas à reconnaître son essence véritable ou à la définir rationnellement. En effet, le mal absolu, selon Gary, n’existe pas et il est souvent inséparable du bien. Ainsi, il est à travers ses personnages que l’auteur interroge dans l’univers de la «fiction authentique» une possible ligne de démarcation entre valeurs et non-valeurs. L’existence mortelle devient alors l’objet d’une étude de terrain qui vise à libérer l’humain grâce à la dimension authentique de la fiction. Toutefois, remontant aux sources du bien et du mal, l’équipage des âmes troubles garyennes navigue dans des eaux mornes et alterne confiance et désespoir, jusqu’à la perte de son propre capitaine. Naufragé dans la sombre réalité, ou bien mort «pour un excès de vocation» fictionnelle, Gary nous rappelle, par son périple existentiel, que malgré tout encouragement de la littérature à l’action, à la révolte et à la résistance continuelle, le combat contre le mal reste ouvert et acharné.

 

[ENG]

Evil is indisputably present on earth and Gary’s characters fail to acknowledge its true essence or to define it rationally. Indeed, according to Gary, absolute evil does not exist. As a consequence, he challenges the borders between values ​​and non-values in the universe of the “authentic fiction”, and he does so through the characters he creates. Mortal existence is therefore empirically scrutinized with the aim of liberating humankind through the authentic and regenerative dimension of fiction. As the crew of a ship sailing upstream to reach the sources of good and evil, Gary’s troubled souls cruise on gloomy waters, alternatively experiencing hope and despair, until the loss of their captain puts an end to their quest. Gary’s existential journey and his death, be it due to the unbearable darkness of reality or to "an excess of [fictional] vocation", powerfully highlights that − regardless of literature’s calls for action, revolt and resistance − the fight against evil is far from won and must go on and on, openly and fiercely.

 

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